vendredi 23 janvier 2015

Exclus de La Poste



Rien qu'avec le texte trouvé sur Wikipedia, il y aurait plein de choses à raconter :

La Poste est une société de service postal appartenant à la Confédération suisse.

C'est un établissement autonome de droit public doté de la personnalité juridique et ayant son siège à Berne. Il est issu de la division, le 1er janvier 1998, des PTT en 2 entités :
  • La Poste, chargée de la distribution du courrier, de la gestion de services financiers et de l'exploitation des cars postaux ;
  • Swisscom, chargé des télécommunications.
La Poste dispose du monopole pour les envois de lettres pesant jusqu'à 50 grammes. En 2012, La Poste suisse compte 2 254 points de vente répartis dans tout le pays. La Poste vend un vaste assortiment d’articles de nature postale ou non, allant des articles de papeterie aux téléphones portables, en passant par les ordinateurs.
Au bon vieux temps...
Mais je ne vais pas commenter pour éviter de m'égarer. Non, ce billet concerne une zone d'ombre de La Poste dont un des mandats est de livrer le courrier. Bien sûr, je savais bien que le bon vieux temps était révolu, celui où le facteur passait matin et après-midi. Mais il a fallu que je tombe sur un article qui a attiré mon attention :


" La Poste ne livre plus le courrier dans les zones jugées peu habitées. Privé de facteur depuis cet été, un habitant du Pâquier s’offusque contre cette pratique et lance une pétition cantonale. Le Neuchâtelois Julien Jaquet est dans une colère noire: depuis qu’il s’est installé avec sa famille dans une ferme du Pâquier, sa boîte aux lettres reste désespérément vide. Pour des raisons de productivité, la Poste a décidé de ne plus livrer de courrier à domicile dans cette zone jugée trop peu habitée. [...]" (http://www.arcinfo.ch)

Depuis, La Poste certifie que des solutions sont possibles, minimise le problème, se veut rassurante... et tout cela reste vague puisque ça ne concerne que quelques originaux qui vivent en marge de leurs congénères. Il a fallu que la Radio Télévision Suisse s'empare du problème pour voir que la Suisse est un pays plein de marginaux :
Distribution du courrier: la carte des zones exclues
Voici ce qu'on nous dit : "Les plus de 15'000 bâtiments figurant sur cette carte n'ont aucun droit légal à être desservis par La Poste, car ils sont éloignés de plus d'un kilomètre d'une zone de cinq bâtiments compris dans un hectare. Une partie de ces bâtiments sont actuellement desservis et le sont donc à bien plaire: La Poste suisse pourrait décider à tout moment de supprimer la distribution, notamment en cas de changement de propriétaire.
A noter que certains bâtiments indiqués ici sont des bâtiments agricoles (étables, etc.) ou d'autres bâtiments qui ne sont de toute façon pas destinés à recevoir du courrier. (Calculs effectués par Swisstopo pour l'émission On en parle de RTS La Première - onenparle@rts.ch - Janvier 2015)

Dans un bureau de poste
Pour voir si votre maison figure sur la carte : http://www.rts-prod.ch/cartes/poste/

En ce qui concerne les "solutions" proposées à Julien Jaquet, elles ne manquent pas d’originalité : ouvrir une case postale dans un village à 7km de chez lui, placer une .boîte à lettres chez un voisin à 4km de son domicile ou accepter que La Poste ouvre son courrier et le lui scanne pour l'envoyer en pdf. Et la protection des données ?

Tout cela m'amène à penser qu'encore une fois dans ce pays, dès qu'on habite en dehors des grands centres urbains, tout est plus compliqué, particulièrement les communications, ferroviaires, routières,  téléphoniques, Internet. Dans un si petit pays où il est difficile de trouver un coin sans maison à l'horizon... Dans un pays où gentiment on privatise, rationalise...

Pour écouter On en parle c'est ici.

jeudi 22 janvier 2015

Didier B, Suisse de l'année 2014



" J’ai pu faire cette année ce que je souhaitais faire un jour dans ma vie "
2014 a été l’année de Didier Burkhalter, Président de la Confédération et de l’OSCE. Il a brillé, séduit, rassuré et assuré. A l’étranger et en Suisse. Ces douze mois l’ont plus que révélé, ils l’ont libéré... Didier Burkhalter a été élu le 10 janvier Suisse de l'année 2014 46,43% des votes, lors du gala du Swiss Award.

Allocution du Nouvel An de Didier Burkhater, 1er janvier 2014
Pourtant c'était assez mal parti quand il a été élu au Conseil fédéral en 2009 : " Nous voici donc avec, pour nouveau Conseiller fédéral, un homme qui semble concentrer tous les ingrédients de la suissitude la plus poussiéreuse, c’est-à-dire qu’il se définit d’abord par ce qu’il n’est pas: pas médiatique, pas mondain, pas magouilleur. Et pas démonstratif : 'Un conseiller fédéral n’est pas élu pour montrer sa joie', s’est empressé de préciser Didier Burkhalter lors de sa première conférence de presse mercredi. On comprend par là qu’il est, malgré sa relative jeunesse, un homme de la vieille école qui n’a pas lu Damasio (neurobiologiste americano-portugais célèbre pour avoir montré comment les émotions fondent l’intelligence), croit encore en l’existence d’une raison pure et considère comme une faiblesse de montrer ses émotions. Nous voici donc déjà en train de nous livrer à notre exercice préféré d’autoflagellation collective : nous, les Suisses, incapables d’élire autre chose qu’une souris grise. [...]" (Anna Lietti, www.letemps.ch)

Entouré de son père, de sa femme et de ses trois enfants.
Le Conseiller fédéral Didier Burkhalter a largement exprimé
sa préoccupation de ne pas sacrifier sa famille à sa carrière. (Keystone)
Il n'a pas fait tout juste non plus. En 2009, on lui refile le siège vacant du chef du maousse Département fédéral de l'intérieur. Il a à peine le temps de se plonger dans les nombreux et volumineux dossiers, très souris grise pendant ces 2 ans, qu'un autre siège se libère, il récupère le Département fédéral des affaires étrangères. Il prend son envol, Didier, Mister bientôt president.

On le critique encore un peu, son épouse, selon certains, prendrait trop de place : " [...] Au bal des couples de pouvoir, c’est le Neuchâtelois Didier Burkhalter qui, en Suisse, danse le plus serré, formant avec Friedrun Sabine une paire tendre et glamour pour les uns, un aveu de dépendance affective pour les autres. [...] notre ministre des Affaires étrangères offre l’image attendrissante d’un homme qui de la main de son épouse ne saurait se passer. Mme  Burkhalter est en effet de tous les voyages officiels, de tous les dîners, même des assemblées des délégués du parti, main dans la main, épaule contre épaule. C’est en tout cas ce que notent nombre d’observateurs, diplomates ou parlementaires, de droite comme de gauche, d’un œil mi-touché, mi-agacé. 'A Berne, le couple Burkhalter est un sujet de rigolade, résume une conseillère nationale romande, car on se demande qui tient l’autre par la main! On a l’impression que Didier Burkhalter a besoin d’être rassuré par son épouse et qu’il est perdu sans elle.' " (Laure Lugon Zugravu, www.bilan.ch)

Inséparables...
" Habitués aux discours plats et convenus de la vie politique fédérale, les Suisses auront été surpris par le style très personnel et parfois déconcertant, au risque d’en devenir mièvre, de leur président d’une année, Didier Burkhalter. A se relire, il devra admettre qu’il n’a pas toujours épargné à ses auditeurs l’accumulation d’images approximatives, comme dans son discours du Salon de l’auto: 'Les étincelles de la jeunesse sont la lumière de la politique et le carburant de l’avenir.' [...] Au fil de ses interventions, Didier Burkhalter aura finalement révélé le vrai fond de sa personnalité, sensible et émotive. [...]
Mais c’est dans ses évocations de Neuchâtel, de son lac et de ses pâturages boisés que l’on a le mieux perçu la fibre patriotique du conseiller fédéral. 'Vivre ensemble, avait-il lancé à ses auditeurs en recevant le titre de docteur honoris causa de l’Université de Neuchâtel, sonne comme une évidence. Le thème brille comme les rayons du soleil d’un matin d’automne lumineux sur le lac de Neuchâtel.' A-t-il trouvé la formule lui-même ou l’a-t-il empruntée à l’un de ses collaborateurs chargés d’écrire ses discours? Qu’importe. Il faut être Neuchâtelois pour saisir ce que signifie un rayon de soleil perçant le brouillard d’automne sur le lac. Entre celui qui écrit et celui qui lit le discours, il y a forcément une même sensibilité régionale." (Yves Petignat, http://www.letemps.ch/)


"Bastian Baker chante presque aussi bien que moi", a plaisanté Didier Burkhalter. "C'était vraiment fantastique, un beau moment. L'un des meilleurs de cette année", a ajouté le Neuchâtelois. Bastien Baker a affirmé pour sa part: "C'était amusant et très spontané. Notre président est un gars facile à vivre. C'est un duo dont je me rappellerai longtemps."


Ce qui me frappe en lisant certains articles récents et moins récents, en regardant les photos des mêmes sources, en écoutant certains extraits, l'homme n'a pas changé. Sauf dans le regard de ses observateurs :
  • " Altier, élégant, rassurant, le libéral-radical a montré un nouveau visage de la Suisse et à la Suisse durant sa double présidence: celle de la Confédération et celle de l’OSCE."
  • " Pendant son année présidentielle, Didier Burkhalter a visité près de 45 pays en une trentaine de voyages. Ce n’est donc pas un hasard si son bilan diplomatique est des meilleurs. "
  • " Il confie sa recette pour résister à l’usure du pouvoir et dévoile ce qui forge sa vision du monde. "

    De toutes les photos, je garde aussi celle-ci : Didier B. à la gare de Neuchâtel, sans garde du corps, sans émeute, sans signature d'autographes. Juste un homme qui attend le train . C'est aussi ça la Suisse.



http://fr.wikipedia.org/wiki/Didier_Burkhalter

mardi 20 janvier 2015

Les pros de l'hiver

Mufi sur son chasse-neige
Je sais, pas besoin de me le rappeler, j'ai déjà parlé des beautés de l'hiver, de ses spécificités à 1000 m d'altitude. Si j'habitais au bord de la mer, je parlerais de vagues, si j'étais au bord d'une rivière, de pêche à la ligne... Mais voilà je suis en montagne et il neige. Enfin, je trouve que c'est un peu le yoyo. Depuis l'autre billet, la neige a fondu, on croyait déjà à l'arrivée du printemps. Et il s'est remis à neiger, jusqu'en plaine... ma mère disait que pour vivre ici il fallait avoir le caractère mieux fait que la figure.


Il y a un aspect dont je n'ai pas parlé, mais qui mérite de l'attention et du respect : notre discipline. Parce qu'il en faut pour juguler la neige. D'abord il y les hommes de la nuit, ceux qui se réveillent à 2 heures du matin et sortent de chez eux dès 3 heures pour transformer ce qui ressemble à des patinoires et pistes de ski en routes et trottoirs. Quand nous nous réveillons, on les entend, on voit les gyrophares orange luire dans la nuit.

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Déneigement public-privé

Et puis il y a aussi nous, les habitants, ou devrais-je dire les automobilistes. Parce que pour dégager les routes, il faut qu'elles soient vides de voitures. En ville, on est soit sur une rue interdite de parcage la nuit, soit de 8 à 11 heures. C'est comme ça, on ne discute pas. Alors le soir, on scrute le ciel : neigera ? neigera pas ? Bien sûr, il y a les chanceux qui ont un garage, et ceux qui préfèrent pendant quelques jours utiliser les parkings des supermarchés; mais là aussi, il faut déguerpir à 7 heures du mat. 

Et puis certains soirs sont traîtres, ils nous jouent le grand jeu de la nuit étoilée. Le lendemain, tout est blanc. Dans la rue, on retrouve ses voisins qui ont eux aussi glissé une doudoune sur leur pyjama, mais il arrive qu'on ne retrouve plus la voiture. Perdue dans les neiges ? Peut-être ou à la fourrière avec une jolie amende en prime !

Et si elle n'est pas à la fourrière, il faut avancer icognito car tout le voisinage peste en regardant notre voiture ventouse qui rétrécit la largeur de la route. Pour éviter cela, la ville  a mis en place une campagne depuis le début de l'hiver pour informer tous les automobilistes des sanctions à l'égard de ceux qui ne respecteraient pas les mesures hivernales. Une campagne souriante, un renne sympathique pour des affiches et un clip :

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Quelques chiffres :
  • En 2012-3, il y a eu 21 sorties (= nuits où les rues ont été déblayées), 2500 contraventions et 850 véhicules en fourrière.
  • En 2013-4, que 3 sorties, 610 contraventions et 230 mises en fourrière.
  • Le prix d'une mise en fourrière est de 450 francs, 350 pour le dépanneur, 100 pour les frais à la ville et 50 par jour supplémentaire. Et l'amende.
  • La ville propose d'informer les automobilistes par SMS. Il y a actuellement 2350 abonnés à ce service gratuit.
     

    Cette année, je m'amuse beaucoup à photographier les voitures enneigées. Forcément j'ai passé dans la catégorie piétons.

lundi 19 janvier 2015

Le mythique Lauberhorn


Les courses du Lauberhorn à Wengen (Oberland bernois) ont lieu chaque année en janvier. Le Lauberhorn désigne en général la piste de descente, la plus longue au monde avec ses 4 455 mètres. Les coureurs mettent environ 2 minutes et 30 secondes pour parcourir cette distance. La vitesse maximale est de l'ordre de 160 km/h. Elle comprend des passages clés comme le Hundschopf (la tête de chien, un saut de 40 mètres entre deux rochers), le Kernen-S (un enchaînement de deux virages à 90° en une petite trentaine de mètre) et le Wasserstation tunnel (le passage sous un petit viaduc de la ligne ferroviaire locale, le Wengernalpbahn). La course, créée en 1930 par Ernst Gertsch, est la plus vieille course de ski au monde. Environ 30 000 spectateurs assistent à la descente chaque année.

L'Oberland bernois
En 1991, le jeune skieur autrichien Gernot Reinstadler trouva la mort près de l'arrivée (la Ziel-S). Il ne fut pas capable de négocier la courbe en S et engagea le dernier saut avec une mauvaise trajectoire. Afin d'éviter d'autres accidents, la configuration de la piste fut remaniée. Néanmoins, tous les skieurs avouent avoir les cuisses qui brûlent quand ils parviennent à l'arrivée et nombreux sont ceux qui tombent dès la ligne franchie.

La Patrouille Suisse fait également une démonstration durant le week-end des courses.

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Aussi loin que je m'en souvienne, le Lauberhorn à la télévision a été un rendez-vous majeur de janvier, quasi religieux... nous nous tenions les pouces, nous devenions incroyablement chauvins, nous les modestes Suisses. Oh, il y a eu des périodes de disette dans les rangs helvétiques, nous avons bien dû admettre que d'autres nations pouvaient nous battre, nous avons dû faire profil bas.

En 2008, j'ai eu l'occasion d'utiliser la piste, j'en connaissais tous
les passages, c'était un grand moment d'émotion... même si nous
avons pique-niqué en plein milieu de la descente !
Et voilà que le Père Noël dans son infinie bonté  a pensé qu'aller voir la descente en live pourrait être un cadeau qui me ferait plaisir. Tu parles ! Quelques sueurs froides quand même : et s'il n'y avait pas de neige ? La course a été reportée d'un jour, mais elle a bien eu lieu.

Parquer à Interlaken sur la piste de l'aéroport, puis
se faire conduire en car jusqu'à Lauterbrunnen...


... ça met déjà dans l'ambiance.



Tout comme prendre le petit train qui va nous conduire à Wengen
 Au fil de la montée, l'hiver me revient. Je veux dire ces images à couper le souffle, de neige, de bleu et blanc, de froid, de pureté. Des images que j'avais décidé ne plus vouloir dans ma panoplie parce que le ski appartient désormais au passé pour moi. L'hiver est en moi; quand on a le privilège d'être posée dans un tel paysage (entourée notamment par l'Eiger, le Mönch et la Jungfrau), on en oublie le froid et les chemins glissants. Pire, on les savoure !



Dans le village de Wengen

Nous avions décidé de prendre notre temps, de profiter de tout ce que la journée avait à offrir : hésiter à mettre un chapeau de paille offert par un sponsor, penser voler un drapeau suisse alors qu'ils étaient en distribution libre, savourer la balade jusqu'à l'aire d'arrivée.


J'avais entendu qu'un millier de militaires avaient travaillé
pendant la nuit pour évacuer les 40 cm de neige tombée la veille.
Ils devaient être drôlement contents d'être arrivés en bas.
Tous les skieurs qui se sont exprimés après leur course ont relevé
l'importance de ce travail de titan.
Il fallait profiter, tout regarder, tout déguster, se réjouir. Être patriote, juste ce qu'il faut...

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... mais que le meilleur gagne !

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Pour moi, c'était vu, le meilleur était Carlo Janka. Il partait en 3e position, nous serions vite fixés.

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Il a fallu attendre 10 concurrents pour comprendre qu'il ne gagnerait pas la course, puis encore 6 autres coureurs pour savoir qu'il occupait le 3e place et que le vainqueur serait autrichien. Bizarrement, je me suis sentie moins chauvine que devant la télé.

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http://www.myswitzerland.com/fr-ch/wengen.html 
http://www.lauberhorn.ch/fr/home
http://www.24heures.ch/sports/actu/suivez-direct-descente-hommes-lauberhorn/story/18909159

Avant de redescendre dans la vallée, une raclette et un Kafi Lutz
(bien Lutz, mais plutôt Tee)

vendredi 16 janvier 2015

Sommes-nous tous Charlie ?

Hommage Zep, le papa de Titeuf

Notre hebdomadaire satirique à nous
" Trois minutes. C'est le temps qu'il a fallu au kiosque Relay de la gare de Genève pour écouler les 47 Charlie Hebdo livrés ce jeudi matin. Autant dire que trouver le "numéro des survivants" à Genève est désormais mission impossible. [...] " (http://www.24heures.ch 15.01.2015)
 
" "C’est incroyable! Ça n’arrête pas. J’ai bien dû recevoir 250 demandes pour le prochain Charlie Hebdo", témoigne Gilbert Maillard, du kiosque du Théâtre à Lausanne. "Au mieux, je n’en recevrai que cinq. J’en ai réservé pour les deux clients réguliers du magazine. Pour les autres, cela va être difficile. Certains se montrent même agressifs quand je dis que je ne peux rien leur promettre." [...] " (http://www.lematin.ch)

Pas de doute, beaucoup d'entre nous sont devenus Charlie. Du coup, j'ai quand même des doutes par rapport à la sincérité de certains de ces Charlies. On se rappelle que l'hebdomadaire satirique était au bord de la faillite et craignait de disparaître... faute de ventes suffisantes.

Paru dans Vigousse
Pendant ce temps, les Patriotes européens contre l’islamisation de l'Occident manifestent chaque lundi à 18 heures 30 dans un parc de la ville de Dresde. On notera que... " le manifestant type est un homme de 48 ans de niveau bac +4, gagnant un bon salaire (plus que la moyenne en Saxe). Mais, surtout, plus de 75 % des personnes interrogées affirment que l'islam n'a pas d'importance particulière pour eux. Ce qui les pousse dans la rue, c'est plutôt qu'ils sont "mécontents en général de la politique et des médias". [...]" (http://www.courrierinternational.com/)

Pendant ce temps, le porte-parole du groupe anti-islam Pegida Suisse espère ratisser large et se défend de tout extrémisme. Il cultivait pourtant des affinités avec le milieu néonazi. (http://www.letemps.ch)

Pendant ce temps, des profiteurs ont rapidement pris d’assaut les plateformes de vente en ligne,  reventes de divers numéros de l’hebdo satirique, de tee-shirts et autres objets siglés Je suis Charlie et revente du "journal des survivants" des prix exorbitants...

Même dans ma ville le 11 janvier a vu une manifestation
Pendant ce temps, il faut être vu aux diverses manifestations de soutien, faire sa pub, défendre la liberté d'expression, même si on la bride en général. Ou si on n'en fait pas usage... On est Charlie.


Pendant ce temps, on ne réfléchit pas beaucoup, on ne se dit pas que si le 11 septembre a été un massacre terrible, on n'a pas réagi de manière adéquate, on a mis de l'huile sur un feu qu'on avait nous-mêmes allumé. Que depuis, on ne fait plus la différence entre musulman et islamique, tous pareils... Depuis on n'a même pas cherché à comprendre ce qu'était l'islam. On n'a rien trouvé de mieux que d'envahir l'Irak, puis de repartir... 14 ans plus tard, nous sommes devenus plus peureux, plus méfiants
Je n'ai pas tout compris, j'avoue...

Je n'ai  pas de solution-miracle, pas de solution tout court. J'ai toutefois envie, besoin, d'essayer de faire en sorte que nous tous arrivions à vivre sur cette boule ensemble. C'est décidé je vais me remettre à enseigner le français comme mesure d'intégration, à ces femmes qui se font amener par leurs fils ou leur frère au cours, à celles qui sont un lien entre leur culture laissée là-bas, en Syrie ou en Libye ou dans un coin du Nigéria et qui vont guider leurs enfants forcément partagés entre deux cultures pour qu'ils ne partent par enrichir des armées de combattants jihadistes parce qu'ils n'ont pas trouvé de place dans notre société.

Utopiste ? Certainement, je le revendique... C'est toujours mieux que revancharde ou moralisatrice.

dimanche 4 janvier 2015

L'hiver à 1000 mètres d'altitude


Une ville à 1000 mètres d'altitude, ça connaît l'hiver. En principe, tout est prêt bien avant les premiers flocons. Quand ils arrivent, pas les tout premiers, mais en masse comme ils se sont mis à tomber dès le soir de Noël, nous avons dépoussiéré nos bottes, vérifié que les semelles allaient tenir le coup sur glace et neige, que notre flacon d’imperméabilisant est à portée de main, nous avons équipé nos bagnoles de pneus neige... nous sommes au taquet.








Cette année, nous avons eu droit à plusieurs faux-départs, chutes des températures, quelques flocons de rage, mais pas de quoi s'émoustiller, nous avons plutôt eu droit à un automne qui n'en finissait pas, des tempêtes de ciel bleu et de soleil... comme on n'en trouve qu'en montagne.


A tel point qu'on a commencé à craindre un Noël brun vert, une catastrophe en montagne, même si, chez nous, le temps a peu d'influence sur nuitées hôtelières. Mais comme dit plus haut, il s'est mis à neiger le 25. Ouf. Noël blanc... St Sylvestre blanc... 1er de l'an blanc... et l'occasion de faire quelques photos.



La trêve d'automne a aussi permis à la voirie de la ville mettre en place les fameuses "mucariettes" (du nom du chef de la voirie Joseph Mucaria),  disponibles en une vingtaine d'endroits. Pour lutter contre les effets du gel et des pluies givrantes sur les trottoirs, ces bouteilles en PET remplies de gravier sont proposées gratuitement à une vingtaine d'endroits en ville. 


Joseph Mucaria tenant une "mucariette" (las - http://www.20min.ch)
Pour en fabriquer une, il suffit de remplir de gravier une bouteille de PET recyclée et d’y mettre un bouchon. Il a aussi mis au point le procédé «Stop Gliss Bio», des copeaux de bois biodégradables imprégnés de chlorure de magnésium, pas corrosifs, qui remplacent le salage des routes et, surtout, des trottoirs.

Attention, des enfants malicieux pourraient se
trouver cachés dans leur trou...


De mon enfance, je n'ai que de bons souvenirs liés à l'hiver. Ces trois enfants derrière chez moi m'en ont rappelés quelques uns.

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Souvent on nous dit "Quelle horreur de vivre là-haut, toute cette neige, tout ce froid...". Il arrive qu'au printemps on nous demande "Alors, vous êtes perdus dans les neiges ?" Ce qui nous agace. Il arrive qu'il neige en mai, ce qui nous agace aussi.


jeudi 1 janvier 2015

Le Conseil fédéral nouveau est arrivé

2015 : Le Conseil fédéral in corpore (de gauche à droite): Didier Burkhalter,
Johann N. Schneider-Ammann (vice-président),  Eveline Widmer-Schlumpf,
Doris Leuthard, Ueli Maurer, Simonetta Sommaruga (présidente),
Alain Berset, Corina Casanova (chancelière)
Le Conseil fédéral est l'organe exécutif de la Confédération suisse. Il est formé de sept membres, élus ou réélus — le même jour mais l'un après l'autre — pour un mandat de quatre ans renouvelable par l'Assemblée fédérale. Traditionnellement, un conseiller fédéral est réélu jusqu'à sa démission et les cas de non-réélection sont extrêmement rares (quatre entre 1848 et 2007). 

Photo 2007, le 2e depuis la gauche est le conseiller fédéral
qui n'a pas été réélu

Chacun des membres du Conseil est responsable de l'un des sept départements de l'administration fédérale mais le conseil lui-même fonctionne selon le principe de la collégialité. Le président de la Confédération est élu en son sein par l'Assemblée fédérale pour un an. Celui-ci est un primus inter pares (le premier entre ses égaux) avec un simple rôle de représentation. Son élection se fait traditionnellement par rotation (tournus) sur base de l'ancienneté entre les membres.

Dans un autre coin du palais fédéral, les mêmes pour la version 2013

 La photo officielle 2015 - la première de cette série - met en exergue une attitude de concordance dans une atmosphère détendue et souriante. Pour la première fois ils sont tous assis. Les sept conseillers fédéraux discutent ensemble devant des cafés et fruits dans l'antichambre de leur salle de réunion. Seule la nouvelle présidente Simonetta Sommaruga et son vice-président Johann Schneider-Ammann se sont retournés pour regarder le photographe. Les autres ministres et la chancelière Corina Casanova discutent entre eux, en retrait, sur le mode duo. L'ambiance générale se veut décontractée et souriante.

Quelques changements de puis la photo de 2009. Quand on dit
qu'en Suisse rien ne change...
Toujours pour 2015 : Dans le décor un peu spartiate - dont des chaises plus que rudimentaires - un objet insolite frappe l’œil: ce vieux téléphone en bakélite, dont on dit qu'il fonctionne encore, semble observer les ministres. Il pourrait symboliser un respect des traditions historiques tout comme la volonté de renforcer la communication et le dialogue.

C'est la présidente Simonetta Sommaruga qui a imaginé la composition de la photo. La réalisation en a été confiée à Christian Grund et Maurice Haas.

En 2008, une version où est Charlie? audacieuse

Longtemps absentes du Conseil fédéral car privées du droit de vote et d'éligibilité au niveau fédéral jusqu'en 1971, les femmes prennent progressivement dès 1984 une place de plus en plus importante au Conseil fédéral : d'une en 1984 à deux en 1999, elles sont finalement trois depuis le 1er janvier 2008, atteignant ainsi la parité hommes-femmes effective si l'on tient compte de la chancelière de la Confédération, fonction tenue par une femme depuis 2000, qui prend part aux réunions hebdomadaires du Conseil fédéral.

Bien patriotique pour 2006

En 2015, le président est une présidente : Madame Simonetta Sommaruga, socialiste, née en 1960 à Zoug . Elle occupe la fonction de conseillère fédérale depuis 2010. Elle a étudié l'anglistique et la romanistique à l'Université de Fribourg et surtout a été pianiste, un instrument qu'elle a appris à Lucerne, en Californie et à Rome. Un parcours drôlement original, surtout pour devenir ministre de la justice et police.

La photo de 1999 n'est pas de bonne qualité, mais voir
7 faces souriantes et une qui fait la gueule me met de bonne humeur.
J'aurais bien glissé le discours de la présidente - encore une tradition du 1er janvier - je ne l'ai pas trouvé... Comme tous les discours se ressemblent, j'insère celui qui restera dans les annales : Adolf Ogi en 2000 avec son sapin. Formidable !