vendredi 27 février 2015

Berne, ville fédérale

Ce n'est pas un montage, pas de photoshop par ici que du vrai...
Berne est la cinquième ville de Suisse et la capitale du canton de Berne. Depuis 1848, Berne est la ville fédérale, à savoir le siège du gouvernement fédéral suisse, sans cependant avoir le statut de capitale. On note que ce n'est pas une spécificité helvétique, dans certains pays constitués d'une fédération d'États, chacun d'eux a sa propre capitale et le pays a une capitale fédérale, ainsi Washington DC est aussi une capitale fédérale. Du coup, nous avons une ville fédérale, une capitale économique Zürich, une capitale culturelle, Bâle, une capitale olympique, Lausanne, une capitale diplomatique, Genève... N'en jetons plus ! 

Qui dit ville fédérale, dit Palais fédéral. Le nôtre a fière allure...
et il faudrait le voir en été avec ses 26 jets pour rafraîchir les badauds
Et revenons à Berne, ville germanophone que l'on appelle Bern... La commune de Berne comptait 137 919 habitants en 2013 et dont l'agglomération comprend 353 462 habitants (660 000 pour la région métropolitaine).

On ne sait pas si la ville est traversée par la rivière Aar
ou si elle en est entourée
La ville a été construite à l’origine sur une péninsule formée par un méandre de l’Aar, mais ne dépassera ces frontières naturelles qu’au cours du XIXe siècle. Un certain nombre de ponts ayant été construits pour permettre à la ville de se développer au-delà de la rivière.


C'est en 1191 que le duc Berthold V de Zähringen a fondé la ville et l'aurait nommé d'après le nom de l'ours (Bär en allemand) qu'il avait tué. En 1353, Berne a rejoint la jeune Confédération suisse, devenant l'un des principaux membres du nouvel État.


Après un incendie en 1405, la ville est entièrement reconstruite. Elle en garde encore aujourd'hui une bonne partie de sa physionomie. 

La ville a envahi et conquis les cantons d'Argovie et Vaud, puis a été occupée par les troupes françaises dépouillée de la plupart de ses territoires.
Entre 1885 et 1886, Berne a été le lieu d'une conférence qui avait pour objectif de dresser un accord international sur les droits d'auteur. Cet accord est aujourd'hui encore connu sous le nom de convention de Berne





J'aime beaucoup Berne, la vieille ville est belle, les cafés sont nombreux, le shopping ruineux, mais tellement agréable puisqu'on peut y flâner sous les arcades par n'importe quel temps... A Berne, il faut avoir envie d'être curieux, de se glisser dans d'étroites ruelles, d'oser des passages, de descendre dans des magasins qui ressemblent à des caves.

Pas de doute, on est en Suisse allemande, le vélo est roi...

... beaucoup de rues sont piétonnes

Quand une copine rencontrée à Shanghai me propose de nous retrouver pour une remise à jour, je n'hésite pas, Berne est l'endroit qu'il nous faut ! Et puis, Berne est à une heure de ma ville...



http://www.bern.com/fr/
http://www.bern.ch/fr/
http://www.myswitzerland.com/fr-ch/berne.html

J'y retournerai, forcément, pour la Foire aux oignons en novembre prochain, mais aussi pour voir le Centre Paul Klee auquel je n'ai pas encore rendu visite, honte à moi ! (http://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_Paul_Klee )

mercredi 25 février 2015

Neuchâtel, c'est la Belgique, Neuchâtel c'est compliqué

Patiner sur le Doubs, entre Suisse et France, un grand rendez-vous
d'hiver lorsque la neige fait défaut mais pas le froid
Le hasard des piles sur mon bureau me fait associer deux articles que j'ai conservé sur mon canton bien mal en point. Deux articles, deux avis qui se donnent une bonne idée de la spirale négative dans laquelle nous nous sommes engagés.

Une tradition qui ne date pas d'hier
... tout comme glisser sur les lac des Taillères
D'abord, un regard sérieux sur un sujet "léger". Avons-nous des traditions ? se demandent les auteurs d'un ouvrage récemment publié (Complications neuchâteloises, histoire, tradition, patrimoine). Dès 2008, la Confédération s'est engagée à dresser l'inventaire de nos traditions vivantes. Tous les cantons ont établi une liste de traditions qui leur paraissaient constitutives de leur identité, entre carnavals, Saint-Martin et Bénichon. Sauf à Neuchâtel où les nombreuses autorités locales consultées ne voient pas, ne savent pas... Après la Réforme, on a gommé les traditions liées à la religion catholique, mais on ne les a pas remplacées par des traditions populaires. Pourtant, nous en avons... En automne, nous faisons la torrée, en hiver nous allons patiner sur le Doubs... Amnésie protestante, pudeur ... ou tradition de ne pas avoir de tradition?

Un saucisson cuit dans la braise...
... c'est la torrée

Puisque dans l'article que j'ai sous les yeux on mentionne ce fameux clivage entre le haut et le bas, je me suis demandé ce n'était pas justement la cause du problème. Surtout si je fais le lien avec une page plus récente. Tentons le coup !

L'autre article est une réflexion faite autour d'une conférence donnée la semaine passée par un géographe, Pierre Dessemontet, qui a comparé le canton à la Belgique sous forme de boutade. Pourtant... Le canton a eu été l'un des plus riches de Suisse, grâce au Haut et à son horlogerie. Puis est arrivée la crise horlogère, le Haut s'est appauvri, le Bas s'est enrichi, comme en Belgique où la Flandre a pris le dessus sur la Wallonie... En Haut, on est plutôt à gauche, en Bas à droite. Ni le Haut ni le Bas ne veut être minoritaire...

On vient du Bas pour travailler en Haut
Le géographe se lance ensuite dans une analyse de deux mondes : hier et aujourd'hui. D'un côté la stabilité, les places de travail que l'on garde jusqu'à la retraite, on vit là où l'on travaille. Et si on change d'emploi, on déménage, on ne pendule pas... le monde d'hier. Aujourd'hui, on sature routes et trains parce que c'est cher de déménager. Comme elle et lui travaillent, c'est difficile de trouver un endroit pour vivre qui convient aux deux. Et si on déménage, c'est pour combien de temps puisque les entreprises ouvrent et ferment. On ne travaille plus où on vit, on ne connaît plus ses voisins... Les exigences ont augmenté, plus d'efficacité, de sécurité, des progrès techniques, médicaux, scientifiques, les petites structures de proximité ne répondent plus à ces exigences. La concentration a touché les entreprises, le commerce et l'industrie, le services publics ont suivi. On est devenus mobiles, on n'a plus besoin de poste et si c'était le cas, on irait pendant sa pause de midi, là où l'on travaille, ou en chemin...

On va étudier en Bas
On ne peut pas tout avoir, dit l'article, les avantages d'hier et ceux de la modernité. Le Bas est moderne, le Haut accroché à son passé avec ses torrées et son patinage en famille sur le Doubs...

L'avenir nous dira ce que nous garderons de ce rythme que nous nous imposons.

Moi, ce que j'ai constaté c'est que quand je travaillais en Bas en habitant en Haut, on me prenait un peu pour une campagnarde avec des valeurs dépassées. Quand je m'éloignais de mon canton pour aller vers d'autres centres en Suisse romande (Lausanne, Genève), tout le canton, Haut et Bas confondus, ne représentait à leurs yeux qu'une miette d'intérêt; on nous trouvait coquet même si on avait de la peine à nous placer sur une carte. Et lorsque je franchissais gaillardement la barrière de rösti (la frontière des langues), je représentais toute la nonchalance romande, le je m'en foutisme latin comparé à l'efficacité alémanique...

dimanche 22 février 2015

Aisance

Un McClean à la gare de Bâle
WC à Shanghai dans un quartier peu touristique





En Chine, je me suis souvent demandé si les WC pouvaient encore s'appeler des lieux d'aisance...

Du pire (WC publics à Xinjie dans le Yunnan)
... en passant par le "correct" hors des grandes villes (WC publics à Lijiang, aussi dans le Yunnan) ...

... pour le "standard" partout, propre mais
avec odeurs que l'on tente de masquer avec
des bâtonnets d'encens qui ne font qu'augmenter
l'envie de fuir au plus vite (WC publics à Nanjing)









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Par contre, à Tokyo j'ai regretté de ne pas toujours avoir sur moi un bon gros bouquin tellement les WC, mêmes publics, étaient des lieux d'aisance, lunette chauffante, musique pour cacher les bruits disgracieux, jets dirigés directement au bon endroit, séchage...

J'avoue que je ne savais plus trop bien à quoi m'attendre en Suisse. Dans ma ville, j'essaie de rendre visite aux toilettes des grandes surfaces, d'autant plus que de nombreux endroits ont disparu peu à peu. Et rien ne vaut le confort de la maison.


Par contre, ailleurs, en vadrouille, j'ai découvert principalement dans des gares des WC qui m'ont fait hurler de rire.


McClean — on sent le clin d’œil — c'est le nom de WC public ultra-propre. Une petite entreprise qui emploie aujourd’hui 250 personnes en Europe, dont 50 en Suisse et qui gère tout depuis Bâle, par sept employés en charge de la partie administrative. Les 243 autres collaborateurs ont une tâche moins prestigieuse: vêtus de blouses blanches d’infirmiers, ils nettoient, inlassablement, les lieux d’aisance. Sur le seul territoire suisse, ce sont entre 4 et 5 millions de personnes qui passent chaque année le portail électronique d’un centre McClean. A 2 francs suisses la visite, ça doit être une bonne affaire.


Sentant l'employée attentive à nettoyer juste après mon passage, je n'ai pas regretté mon bouquin, je me serais sentie stressée... pas bon pour le transit, même dans une gare !


samedi 21 février 2015

Une nuit de la photo qui se termine à minuit


Une photo que j'ai trouvé très belle. Dommage que je n'ai pas
relevé le nom du photographe...

Pendant 3 ans, j'ai écouté des commentaires sur la nuit de la photo qui s'était déroulée dans ma ville. Pendant 3 ans, je me suis dit que j'aurais bien voulu m'y rendre.

Cette année, pour la 4e du nom, j'y étais... j'aurais bien voulu qu'elle dure plus longtemps qu'une mi(ni)nuit, je n'ai pas eu le temps de tout savourer. 

 Forcément, entre découvertes et hommages, il y avait bien à faire. Hommage à René Burri à qui j'avais réservé un billet, hommage à Lucien Clergue, créateur des rencontres d'Arles, que j'ai découvert grâce à une calligraphie musicale très poétique.

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Je reprends le texte de Joëlle Brack trouvé sur le site de la librairie Payot en l'adaptant... Au cœur d’un hiver polaire dont La Chaux-de-Fonds est coutumière, ce sont les amoureux… des images qui ont été à la fête pour la Saint-Valentin qui était aussi la 4e Nuit de la photo ! Car la ville s'est parée pour l’occasion de spectaculaires présentations de séries qui, par écrans géants interposés, ont intégré les œuvres à la structure même des lieux de projections. [...]
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 Wim de Schamphelaere (Belgique), Exchanging looks (2009-2014)
Entre Cuba et l'Afrique

Deux thèmes forts qui font l’actualité ont donné le ton à la programmation 2015, l’Ukraine et la liberté d’expression. Cette dernière rejoint peut-être par hasard, mais de manière percutante, la vague "Charlie" avec In Jesus’ Name du photographe Christian Lutz : son enquête sur une église évangélique de Suisse alémanique s’est en effet heurtée à l’interdiction par la justice d’une publication en livre, mais les tirages sauvés du pilon et présentés par la Nuit de la photo ouvrent un passionnant débat sur la liberté de l’artiste, le pouvoir de la religion et le droit à l’image. Quant à la crise ukrainienne, thème de la conférence inaugurale, au Club 44, elle a permis au photoreporter français Guillaume Herbaut de partager non seulement un exceptionnel travail menant De Maïdan au Donbass mais une réflexion sur la représentation de l’actualité en tant qu’événement historique.

Liam Maloney (Canada),  Texting Syria (2014)
où quand des réfugiés tentent d'avoir des nouvelles
leurs proches restés en Syrie
En contrepoint surprenant mais salutaire et fécond, la Nuit de la photo a complété ce regard sur l’est de l’Europe avec Dust, du photographe israélien Nadav Kander, sur une zone militaire russe aujourd’hui pétrifiée et désertée pour avoir abrité de nombreux essais nucléaires, ou Iakoutsk la sibérienne, l’une des Villes extrêmes (celle-ci est la plus froide) explorée par le Genevois Steeve Iuncker. Elle a rendu hommage au photographe italien Gabriele Basilico, décédé en 2013, à travers Moscou verticale, une impressionnante série sur la mutation radicale de l’urbanisme de la capitale depuis vingt ans.


Parmi la trentaine d’artistes invités à La Chaux-de-Fonds, venus entre autres du Canada, de Corée du Sud, d’Angleterre, d’Allemagne, de Slovénie ou de Chine, le travail de nombreux artistes suisses [...].

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Kechun Zhang (Chine), Le Fleuve jaune qui jaillit vers le nord en grondant (2011)
Certaines de ses photos m'ont fait penser à un billet que j'avais consacré à la photo en Chine

De la fonte des banquises aux tribus amazoniennes en danger en passant par les rues de New York, le Japon ou les réfugiés syriens, les thèmes ont été variés et les approches multiples : cinq heures n'ont pas suffi à faire le tour !

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 Denis Rouvre (France), Trilogie japonaise, Low Tide (2012)

Je me réjouis déjà de la 5e nuit de la photo...
Je termine comme j'ai commencé par une bien belle photo dont
je n'ai pas relevé le nom de l'auteur...
http://www.nuitdelaphoto.ch/

dimanche 15 février 2015

Cendrars au coeur des arts

Marie Vassilieff, "Poupée sculpture, portrait de Blaise Cendrars", [1923]
Dans un billet précédent, j'ai parlé de ce Cendrars qui avait envahi notre espace urbain... mais pas vraiment du petit gars qui était né dans ma ville sous le nom Frédéric Louis Sauser le 1er septembre 1887 et est mort à Paris le 21 janvier 1961.


Après avoir vu et revu l'exposition qui lui est consacrée au Musée des Beaux-Arts de La Chaux-de-Fonds, j'ai réalisé que Blaise était un type qui n'arrêtait jamais de se lancer des défis, un gars qui n'avait pas délimité son art, un artiste qui se lassait aussi vite, prêt à aborder une nouvelle découverte dès que l'actuelle était en voie d'acquisition... Il était aussi un affabulateur... Je ne sais pas qui était Cendrars, dans le fond !


En 1904, au vu de ses mauvais résultats scolaires, il est envoyé en apprentissage à Moscou et surtout à Saint-Pétersbourg, alors en pleine effervescence révolutionnaire. Jusqu'en 1907, il y travaille chez un horloger suisse. À la Bibliothèque impériale, dont il devient l'habitué, un bibliothécaire, R. R., l'encourage à écrire. Freddy commence à noter ses lectures, ses pensées. Il aurait alors écrit La Légende de Novgorode, de l'or gris et du silence. Pour lui faire une surprise, R. R. l'aurait traduit en russe et fait imprimer à 14 exemplaires en blanc sur papier noir. Du vivant de Cendrars, personne n'a jamais vu ce livre qu'il a pourtant fait figurer en tête de toutes ses bibliographies à partir de Séquences (1913). Beaucoup doutaient de son existence, lorsqu'un poète bulgare en découvre un exemplaire, en 1995, chez un bouquiniste de Sofia. Depuis lors, l'authenticité de cette plaquette fait l'objet de controverses, ce qui enrichit la mythologie du poète de nouveaux épisodes.

Alechinsky, Pierre
Alechinsky, Pierre
Cendrars, créateur de BD ?
Pierre Alechinsky, Le Volturno, une œuvre inspirée par les vers du Volturno,
un poème de 1912 que Cendrars a consigné dans un carnet où il a lui-même
fait quelques croquis, durant une traversée qui le ramenait d’Amérique en Europe
C'est à New York que naît vraiment Blaise Cendrars, où il a rejoint sa compagne Féla après plusieurs mois de misère et de vagabondages entre Bruxelles, Paris et Saint-Pétersbourg. L'isolement et le découragement de la nuit de Pâques 1912 lui inspirent un poème au ton nouveau,  Les Pâques : publié sous le nom de Blaise Cendrars à son retour à Paris la même année, il lui ouvre rapidement les portes des milieux d'avant-garde parisiens. Pour Cendrars, l'acte de création artistique a lieu lorsque le poète est tel une braise, qui se consume au cours de la création, puis s'éteint pour se transformer en cendres. C'est pourquoi il choisit son pseudonyme Blaise comme braise, et Cendrars comme cendre.
Chez le poète Apolinaire, il rencontre les peintres Robert et Sonia Delaunay.
De leur amitié et de leurs discussions enflammées naît
la Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France,
"premier livre simultané", où dialoguent sur deux mètres vers libres et rythmes colorés.

Sa jeunesse russe a-t-elle vraiment laissé à Cendrars le loisir de faire le mythique voyage du Transsibérien ? Sa fameuse réplique à Pierre Lazareff éludait la question tout en se voulant sans appel : "Qu'est-ce que ça peut te faire. puisque je vous l'ai fait prendre à tous ?"


Outre Apollinaire et les Delaunay, il se lie d'amitié avec des personnalités artistiques et littéraires :  Chagall, Léger, Survage, Modigliani, Csaky, Archipenko

Marie Vassilieff, Picasso et Cendrars qui dansent
Puisqu'il est difficile de démêler ce qui appartient à la légende de la réalité, je ne vais pas m'y aventurer. D'autant plus que ce n'est pas ce qui m'a passionnée dans ce voyage chez Cendrars. Non, j'ai réalisé que la vraie modernité se situait dans le croisement des genres. Avant, quand on faisait de la poésie, on ne faisait que ça, idem pour la peinture ou la musique... Cendrars, écrivain bourlingueur, auteur notamment de L'Or et de Moravagine était proche des arts et des artistes. Non seulement de ceux déjà mentionnés, mais aussi de l'art tribal africain, du ballet, de la peinture, de la musique, du graphisme et du cinéma, d'où le titre de l'exposition au cœur des arts. Cendrars, selon le pseudonyme qu'il s'est choisi, n'a cessé de renaître où on ne l'attendait pas…

Cendrars journaliste ? Peut-être...



Abel Gance, J'accuse, 1918-19, film sur lequel
Cendrars a découvert les rouages du cinéma
en faisant de la figuration
Autant de vies nouvelles et parfois inédites, subtiles correspondances entre peinture et prose du poète dialogues avec l'univers pictural ou l'écoute de la musique de Honegger, Milhaud, Satie ou Stravinski, confrontation avec les arts premiers, approche du septième art…
Une peinture de Chagall et un poème de Cendrars

mercredi 11 février 2015

Cendrars est partout


Avant le 16 novembre, le nom de Blaise Cendrars figurait sur les panneaux de signalisation en direction du lycée.

La Rue Blaise-Cendrars, une rue discrète
dans la banlieue, coincée entre un centre
commercial et des garages
Un peu plus prestigieux tout de même :
le lycée











Cendrars nous avait fuis, et nous, étions-nous fiers de lui?

Depuis novembre, il faudrait être sourd et aveugle pour ne pas savoir qu'il est né à La Chaux-de-Fonds. Le Musée des Beaux-Arts lui rend hommage pour ses 150 ans. Et quel hommage... Cendrars est partout. A chaque coin de rue, il nous guette, nous surprend, nous interpelle, depuis le jour du vernissage de l'exposition qui lui est consacrée.

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J'écris exposition, mais je devrais dire multimedia et multiculture, parce que les acteurs culturels ont tiré à la corde Cendrars ensemble pour nous concocter un programme digne de l'intéressé : visites commentées, expositions de photos, de bijoux, cinéma, conférences, théâtre, spectacles, concerts, lectures, promenade littéraire, marionnettes, ateliers pour enfants, pour ados... c'est impossible de tout faire, de tout voir... C'est aussi impossible de dire  " Cendrars ? connais pas !"

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Déjà lors du vernissage, en la présence de son petit-fils, Thomas Gilou, il y avait foule au musée. Je n'ai pas vu les orateurs...


Mais c'est beau un musée qui grouille de monde !

Et c'est amusant de jouer avec les salés de l'apéro, pour tester
si on aurait fait mieux de Frédéric Sauser devenu Blaise...

Du jus de raisin Sauser bourru... comme Cendrars


Le programme des manifestations jusqu'au 2 mars, c'est ici. Il ne faut pas rater ce qui en reste.

Et si les autorités lui offraient maintenant une place, une rue, un endroit digne de lui ? Tiens, la nouvelle Place de la Gare... à deux pas du nouveau quartier Le Corbusier, puisque les deux étaient contemporains et ont vécu dans le même quartier, sans se connaître.