dimanche 28 décembre 2014

Chœur à cœur, un Noël autrement


Il y avait longtemps que j'avais envie d'un Noël différent. Différent comment, je ne savais pas vraiment. Noël à un autre moment de l'année, quand tout ne nous oblige pas à consommer ? Noël en supprimant les cadeaux, le stress et les longues heures à table ? Depuis que j'ai entendu que c'est courant de revendre sur Internet dès le lendemain de Noël les cadeaux reçus, que c'est à ce moment-là que les sites de e-commerce faisaient leurs plus gros chiffres d'affaire, je me suis dit que décidément, ma pauvre dame, dans cette société tout fout le camp. Moi qui accrochais déjà quand j'entendais "j'ai acheté" plutôt que "j'ai offert"!

Avant l'arrivée des convives
Cette année, la vie m'a donné un coup de main pour que je donne un coup de pied aux vieilles habitudes. Même si l'envie ne manquait pas de me cloîtrer chez moi en attendant que 24 et 25 décembre s'effacent, j'ai craint qu'un sevrage radical me nuise. Dans le fond, Noël oui, mais autrement : en m'engageant comme bénévole à Chœur à cœur.

A l'heure des repas

Chœur à cœur, c'est tout simple, l’association offre nourriture pour une fête de Noël solidaire, chaleureuse et amicale : spectacle de danse, de musique et de marionnettes. La manifestation permet aux différentes communautés de partager un moment ensemble entre croyants ou non en faisant fi des religions.




 Peu avant 14h, nous avions servi près de 300 personnes, plus du double de convives que l'année passée. Et il n'y a pas que des personnes seules qui sont venues. De nombreuses familles ont fait le déplacement pour ce moment de partage. Un de mes collègues a estimé qu'il devait y avoir au moins 30 nationalités ! La cuisine a d’ailleurs joué le jeu en proposant des menus à base de volaille pour faire profiter chacun de la nourriture quelle que soit sa confession.Ca sentait bon, c'était bon, c'était beau...
Pour moi, le Père Noël de Chœur à cœur, c'est lui !
J'avais les pieds en compote, mais en revenant sous les flocons qui avaient enfin décidé de décorer la ville je me suis demandé : et si j'aimais Noël ? J'ai en tous cas envie de partager mon prochain Noël de cette manière.

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lundi 22 décembre 2014

La Trotteuse


Dans les gares, la trotteuse rouge iconique se termine
par un gros point et se voit de très loin.  Elle nous interpelle:
« L'heure avance, le train va partir »…
La forme de la trotteuse rouge est inspirée de la palette du chef de gare
avec laquelle il autorisait le départ du train.
" Sur une montre, l'aiguille des secondes est généralement appelée "la trotteuse", une appellation qui fait référence au mode de déplacement du cheval. Aux côtés des aiguilles des heures et des minutes se trouve parfois une troisième aiguille qui indique les secondes et qui est généralement appelée la trotteuse. Le mouvement de cette aiguille, qui semble se déplacer par petits sauts successifs, chacun représentant le passage d'une seconde à une autre, n'est pas sans rappeler l'un des modes de déplacement du cheval : le trot. C'est donc un rapprochement entre les deux modes de déplacement qui est à l'origine de ce surnom de l'aiguille des secondes. Cette dernière réalise 60 "petits sauts" en une minute, juste le temps de faire un tour complet." (http://www.bellesmontres.com/) Comme nous sommes en pays horloger, que ma ville est aussi appelée la métropole horlogère, le nom de la corrida nocturne de Noël était tout trouvé.


La Trotteuse-Tissot est une manifestation sportive qui a lieu le dernier samedi avant Noël en vieille ville de La Chaux-de-Fonds. L’événement est très convivial puisque cette course à pied se déroule au cœur de la ville, passant devant les vitrines de nombreux commerçants ravis de cette animation hivernale. 
 
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 Si l'on n'est pas très sportif, on peut tout de même participer à cette course spéciale en s'inscrivant dans la catégorie des Pères Noël, avec déguisements.

Des Pères Noël pendant et après l'effort
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
On peut aussi faire comme moi, siroter un vin chaud en regardant d'autres courir...

Ils étaient 1100 inscrits au départ de la première course en 2008, plus de 2300 pour cette septième édition, en hausse de plus de 600 par rapport à l'année passée. Si les organisateurs sont ravis, ils sont obligés de revoir l'organisation de la course pour 2015 : supprimer des goulets d'étranglement, étirer les pelotons...Pour l'instant il n'est pas prévu de limitation du nombre des participants. De quoi méditer jusqu'à l'année prochaine...

samedi 20 décembre 2014

Y a-t-il encore des mécènes ?

On se souvient que la Suisse est un pays riche. Or, en Suisse, beaucoup de ce qui touche au quotidien n'a rien à voir avec les autorités fédérales, presque tout est en entre les mains des cantons.

L'Heure bleue à La Chaux-de-Fonds
On se souvient aussi que mon canton, Neuchâtel, est fauché. Ça se présente mal pour les gens du spectacle qui aimeraient pouvoir compter sur la générosité de leur ville et/ou canton. Entre autres. Le quotidien local titrait samedi passé "La grogne des pros du spectacle", sous-titre "Des acteurs culturels [...] reprochent au Service cantonal un manque de transparence et des subventions à la tête du client."

Le Théâtre du Passage à Neuchâtel
Donc ce n'est pas tellement le manque de subventions qui dérange, mais plutôt comment celles-ci sont attribuées. Ceux et celles qui sont en charge des cordons de la bourse précisent que le soutien du canton est désormais accordé aux compagnies professionnelles confirmées d'envergure cantonale voire extracantonale. [...] Le canton soutient des œuvres qui rayonnent. Les professionnels, eux, prétendent que s'ils ne reçoivent pas de subventions, il ne va pas leur être possible de rayonner, voire d'exister.

Pour avoir le privilège de toucher quelques sous, il faut remplir un dossier conséquent. Qui peut être refusé, même s'il répond aux critères d’attribution. La responsable explique que la politique de soutien a évolué. Elle parle de projets d'excellence, de grande visibilité, de projets innovants qui sortent du lot... Pour des critères concrets, c'est vague. Ceux et celles qui considèrent que la distribution a lieu à la tête du client n'auraient donc pas tout tort.


En somme, le canton est un mécène, ou plutôt un sponsor. Je lis que "le mécénat est d’une part un moyen efficace de communication et de valorisation de l'image de l'entreprise ou de l’institution et d’autre part un apport nécessaire au développement et à la réalisation de projets culturels, sportifs et humanitaires. Le mécénat est un modèle de développement durable car il est un outil opérationnel d’engagement de l’entreprise ou de l’institution vis-à-vis de la société" (http://www.srrp.ch/, une définition qui me plaît bien. Il me semble par conséquent que moins on a de sous, plus on veut qu'ils portent des fruits, d'où le rayonnement, la visibilité. On veut mettre son logo là où il sera vu. Il n'est plus question de prendre des risques, de surprendre, de qualité ou d'originalité, mais, au contraire,  d'être dans l'air du temps. Depuis mon retour, ce qui est dans l'air du temps, c'est le rire... Il faut faire rire les responsables de la culture, puis le public... même si les gens du spectacle n'ont pas envie de rire !

vendredi 19 décembre 2014

Le grand prix du maire de Champignac a été décerné

Le maire de Champignac
Le grand prix du maire de Champignac est un prix décerné pour la sortie la plus amphigourique* de l'année, en Suisse romande, créé en 1988 par la revue satirique lausannoise La Distinction. Il tire son nom du maire de Champignac, un personnage de la bande dessinée Spirou et Fantasio, qui se distingue par ses longs discours pleins de langue de bois.

Cette année, les gagnants sont :

Champignac d'Or 2014 :
Pour le "choc verbal", Un coup de pioche, c'est toujours bon à prendre 
Pierrette Roulet-Grin, présidente du TCS-Vaud
La Région nord vaudoise, 21 mai 2014

Champignac d'Argent 2014 :
La campagne en prévision de la votation du 18 mai sur l'initiative populaire Pour que les pédophiles ne travaillent plus avec des enfants se met doucement en branle
Site web: Les Observateurs, 20 mars 2014

Mention spéciale "Révolution culturelle"
 Les Chinois sont ouverts à toutes sortes de styles de musique, y compris la musique francophone. On sent qu'ils ont été longtemps bridés et qu'ils ont envie de découvrir de nouvelles chose.
Florence Chitacumbi, chanteuse neuchâteloise

Mention spéciale "Complètement piqué"
Mais est-ce que le local d'injection, finalement, ce n'est pas pour faire partir uniquement les toxicomanes, mais ça ne résout pas totalement le problème ? La solution finale, on ne l'a pas encore trouvée.... 
Oscar Tosato, municipal lausannois

 Pour toutes les distinctions : http://www.distinction.ch/LD.Champignac/LD.Champignac.html


*L’amphigouri (substantif masculin) est une figure de style consistant en un discours, texte ou dessin volontairement obscur ou inintelligible à visée burlesque.

jeudi 18 décembre 2014

Ziegler au Club 44



Ziegler, quel Ziegler ? Ça aurait pu être un footballeur (Reto) ou un auteur metteur en scène (Dominique). C'est Jean qui nous a rendu visite le 16 décembre. Il faisait la tournée des popotes pour promouvoir son "nouveau" livre Retournez les fusils ! Choisir son camp. Nouveau, pas tout à fait, il s'agit d'une réédition du même titre vieux de 34 ans, dont le sous-titre était alors Manuel de sociologie d'opposition. Pourquoi le rééditer aujourd'hui ? Parce qu'il est d'une incroyable actualité. Jean Ziegler a choisi d'actualiser ses thèmes de prédilection et de les enrichir de développements neufs, liés notamment à ses années de combat à l'ONU.

 Il est partout, Ziegler, sur France Inter , sur RTS Espace 2, certainement sur des tas de médias que je n'ai pas eu la patience de voir défiler sur mon écran. Sur TV5 Monde aussi, toute la planète le connaît du coup :


Jean Ziegler (né en 1934 à Thoune dans le canton de Berne) est un homme politique, écrivain, altermondialiste et sociologue. Il a été rapporteur spécial auprès de l’ONU sur la question du droit à l’alimentation dans le monde. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dans lesquels il analyse notamment cette question, et est également connu pour cette phrase : « l'agriculture mondiale peut aujourd'hui nourrir 12 milliards de personnes [...]. Il n'existe donc à cet égard aucune fatalité. Un enfant qui meurt de faim est un enfant assassiné. » Il le dit, il est extrêmement privilégié, l'a toujours été : né du bon côté, blanc comme seulement 13% des habitants qui dominent la planète, son père était président du tribunal de Thoune et colonel d'artillerie, il a pu faire des études (un doctorat en droit et un en sociologie), a été rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies de 2000 à 2008, est actuellement membre du comité consultatif du conseil des droits de l'homme des Nations unies, a été professeur de sociologie à l'Université de Genève jusqu'en 2002 et à l'université de la Sorbonne à Paris. Un joli parcours... (pour les détails, c'est ici).

Le Club 44, c'est des "Voyages en tête-à-têtes avec le monde…", un espace unique et atypique qui organise et accueille des conférences, débats et rencontres avec la volonté de stimuler la curiosité, de cultiver l’échange et découvrir le dialogue dans un contexte apolitique et areligieux. Fondé en 1944 par l’industriel chaux-de-fonnier Georges Braunschweig, le Club 44 a, dès ses débuts, souhaité offrir au public de la région des regards multiples sur le monde et inviter les personnalités qui animaient la vie intellectuelle et sociale du moment. L’institution était alors privée, entièrement soutenue par l’entreprise Portescap et réservée à ses membres, masculins exclusivement jusqu’en 1971. Depuis les années 80, le Club 44 est une association à but non lucratif, ouverte à toutes et tous. Des orateurs illustres s'y sont exprimés (à retrouver dans la médiathèque ) : Jean-Paul Sartre, François Mitterrand, Ella Maillart, Hubert Reeves, Jeanne Hersch, Nicolas Bouvier, François Truffaut, Mario Botta, Edwy Plenel, Bernard Stiegler, Yves Michaud, Régine Robin, Jean-François Kahn, Raphaël Enthoven et de nombreux autres. (Club 44)
Jean Ziegler au Club 44 était donc une soirée à ne pas manquer... surtout pour voir le vieux lion rugir, pour entendre ses mots fétiches : oligarques, inégalités, intolérable, ordre cannibale du monde, démocratie sociétale... pour qu'il nous envoie en pleine figure des noms : Chomsky, Trotski, Brabeck... Mais dans le fond, malgré le fait qu'il ait déclaré être heureux (ou fier ou privilégié, je ne m'en souviens plus) de se retrouver dans ce repaire de gauchistes, il ne nous a pas gratifié d'un traitement de faveur, j'ai retrouvé sur les sites des radios quasi mot pour mot ce qu'il nous a dit. Ziegler a fait son show devant une salle d’inconditionnels. Quelques personnes ont eu le privilège de poser une question, les réponses du maître étaient tellement "généreuses" qu'on se rappelait à peine de la question et, surtout, que je n'étais pas très sûre que questions et réponses correspondaient...

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Bref, je n'ai pas été sous le charme comme je peux l'être quand je lis ses ouvrages, parce qu'il se met trop en scène ? parce qu'il n'avait pas envie d'être avec nous ? parce qu'il a commencé sa tournée de promo en octobre et qu'il en a marre de se répéter ? parce qu'il a 80 ans et qu'il en a marre que le monde ne s'améliore pas ? parce qu'il n'était pas en forme... ?

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mercredi 17 décembre 2014

Lucerne Blues Festival


Je me suis rendu compte que j'avais parlé de Lucerne, mais que je n'avais pas encore raconté pourquoi j'y étais allée. On ne va pas dans "le pot de chambre de la Suisse" sans raison en plein novembre quand on n'est pas un touriste chinois ou japonais.


C'est le Lucerne Blues Festival qui m'a attirée là-bas puisque c'était aussi un cadeau pour mon anniversaire. Je ne connaissais pas, même si j'en avais entendu parler. Forcément, "cette manifestation de tout premier plan organisée en novembre s'est établie comme l'un des festivals de blues les plus importants au monde. En février 2007, il a reçu le prix Keeping the Blues Alive, la plus importante récompense décernée par l'American Blues Foundation. " Pas n'importe quoi, donc, même si les musiciens du vendredi 14 novembre ne faisaient pas partie de mes playlists.


Pourtant pas de strass, pas de diams, mais quel endroit classe, le Grand Casino, rien que ça ! Une ambiance détendue dans des salons dont l'acoustique est plutôt bonne grâce aux rideaux et aux tapis, et certainement à quelques ingénieurs de son inspirés.


Et puis, dans ce décor, nous, le public enthousiaste pour accueillir les musiciens. Et eux, les musiciens prêts à discuter, à débattre, à se faire photographier. Je n'ai jamais vu une telle proximité dans un festival.


Place à la musique...

Bonny B, né Su Pheaktra Bonnyface Chanmongkhon à Pôsat (Cambodge)
le 20 juillet 1974, est le recordman du monde du marathon d'harmonica
pendant 24h non-stop dans le Livre Guinness des records. En septembre 2014
il crée sa propre chaine de radio Blues Legends Radio sur son site internet.

On pourrait comparer Kara Grainger à Bonnie Raitt ou Susan Tedeschi,
ce qui me convient puisque j'aime autant l'une que l'autre !
Apparemment en Australie, on a aussi le blues...


Jimmy Johnson n'est pas un débutant puisqu'il accuse 86 printemps.
Son compère le saxophoniste Sam Burckhardt est un natif de la région lucernoise exilé à Chicago
.

Otis Clay est le seul nom que je connaissais sur l’affiche.
Dans cet ambiance de blues, je l'ai trouvé trop soul, trop R&B avec Johnny Rawls.
Mais j'ai eu les yeux rivés sur les choristes. Je me suis cru dans les années 60 !


Comme les dates pour 2015 sont déjà annoncées, les voici : 07 au 15 novembre 2015
http://www.bluesfestival.ch/

dimanche 14 décembre 2014

Swisscows, un moteur de recherche vachement discret



" Depuis les révélations d’Edward Snowden, nous savons que nous sommes espionnés sur la toile. Nos données sont collectées à buts commerciaux et autres. Il est temps que cela change et la société helvétique Hulbee SA l’a bien compris en développant le premier moteur de réponse intelligent : swisscows.ch.


Disponible dès à présent en allemand, anglais et français, ce moteur de réponse high-tech, dont les serveurs sont en Suisse, offre une recherche plus pertinente, rapide et précise que les moteurs de recherche actuels grâce à la technologie data cloud et assure, selon Andreas Wiebe, le CEO de Hulbee SA , ne laisse aucune trace de votre passage sur le moteur puisque ce dernier n’enregistre ou ne collecte aucune donnée et vous assure ainsi une discrétion … helvétique, c’est dire ! Se basant sur la reconnaissance sémantique des informations, swisscows.ch, offre une alternative idéale pour ceux qui cherchent à préserver la protection de leur personnalité sur la toile." (http://www.s2pmag.ch/)

 
J'avais conservé ce sujet rien que pour le nom qui m'avait fait sourire; ce matin j'ai décidé de m'y intéresser davantage.
Lancée lors de la dernière coupe du monde de football, la plateforme de recherche vise le monde et cela marche bien. Mieux que cela, son départ a été fulgurant : en 6 semaines plus de 3 millions de requêtes et 400 000 utilisateurs uniques. Rien à voir avec les 177 millions d'utilisateurs de Google pendant la même période bien sûr !
Une mise en page plutôt agréable.
J'ai été intriguée par la partie de gauche. Certains mots clés,
je voyais bien pourquoi ils y figuraient. Mais Algérie ?
Je me suis aussi amusée à cliquer sur certains d'entre eux,
à les suivre. Un vrai perdtemps...
Les gens ont appris qu'ils étaient surveillés en permanence, ils sont inquiets. Contrairement aux moteurs traditionnels, swisscows.ch n'enregistre aucune information sur les utilisateurs, aucune adresse IP, cookie ou autre requête. De plus, comme les serveurs se trouvent tous en Suisse, aucune information ne peut être obtenue par les États-Unis. Comme on ne vit pas dans un monde idéal, l'entreprise passe à côté d'une manne publicitaire importante en ne revendant pas ces informations. Ils ont toutefois décidé d'utiliser un modèle de publicité textuelle.

Rien de tel que de tester soi-même. J'ai aimé la rapidité des chargements. Également l'organisation de la page "images". En y regardant de plus près, j'ai toutefois constaté que pour ma requête, swisscows avait trouvé 18 images... alors que pour la même recherche, Google m'en donnait des centaines. Mais parfois, ce n'est pas la quantité qui facilite le boulot...

Enfin, la fonction "shopping" m'a paru étonnante. Comme j'hésite à acquérir une liseuse, j'ai profité de mon intérêt réel pour tester. Mention spéciale "peut faire nettement mieux" à swisscows qui doit s'être énervé de ne pas comprendre ce que je demandais et m'a balancé 2 sites ... en allemand. On dira que ce n'est pas encore au point.



Je n'utiliserai donc pas swisscows pour mon shopping en ligne, mais je l'ai mis dans mes favoris pour des recherches.

samedi 13 décembre 2014

Apprendre le français ? Nein, danke !


Le billet Parlez-vous suisse ? explique les langues pratiquées en Suisse. Jusqu'à il n'y a pas si longtemps (on remarquera la précision de mes informations), tout était clair, tout était limpide : en Suisse alémanique on apprenait le français à l'école, l'allemand en Romandie et au Tessin. Et la cohésion nationale était bien gardée. Oui, mais... les Alémaniques se débrouillaient souvent mieux que nous dans la langue apprise. Je me souviens d'être allée à Berne avec mes enfants, d'avoir voulu montrer comme c'était utile d'apprendre l'allemand en m'adressant à un vendeur dans la langue de Goethe, certainement très maladroitement, et de l'entendre me répondre dans celle de Molière. Démonstration ratée !

(Mix et Remix)
Et voilà que ces mêmes Alémaniques rechignent maintenant à apprendre le français, considéré trop difficile. Considéré inutile, qui parle encore le français de nos jours ? A Schaffhouse, tout au nord, territoire suisse entouré de terres allemandes  (SH sur la carte), on a tranché en faveur de l'anglais. Dans les cantons de Lucerne et de Nidwald (Suisse centrale), on penche aussi pour cette solution, tout comme en Argovie (AG, à côté de Zurich), aux Grisons (GR, est) et en Thurgovie (TG, nord-est). Bref, c'est la crise.


Le désamour des Alémaniques pour la langue de Molière s’affiche partout. Fait avéré ou simple impression? La réponse se doit helvétique : ça dépend des cantons !

 Que l'allemand ait été mal enseigné en Suisse romande - de manière beaucoup trop académique en tout cas - durant des décennies ne fait aucun doute. Personne ne le conteste. Le problème est strictement le même en Suisse allemande pour l'apprentissage du français, raison pour laquelle on entend des élèves parler de Scheissfranzösisch (français de merde) à la récré. Des deux côtés de la Sarine, de nouvelles méthodes d'enseignement se mettent lentement en place. Mais il faudra au moins dix ans pour qu'elles portent leurs fruits dans la pratique.

L'apprentissage des langues nationales (Maret, Migros Magazine)
Ce n'est pas tellement le fait que le français soit moins populaire, c'est une évidence, pas seulement en Suisse, mais aussi, surtout, dans le monde. Pourtant le français est l'une des six langues officielles des Nations Unies (avec l'anglais, l'arabe, le chinois, l'espagnol et le russe). Pourtant elle a été la langue des cours royales et princières, des tsars de Russie aux rois d’Espagne et d'Angleterre en passant par les princes de l’Allemagne. Pourtant elle demeure une langue importante de la diplomatie internationale aux côtés de l’anglais, de l'allemand et de l’espagnol. Pourtant la chaîne francophone internationale TV5 Monde est devenue dans les années 2000 l'un des 3 plus grands réseaux mondiaux de télévision, aux côtés de MTV et de CNN. Pourtant la charte olympique précise toujours : " Les langues officielles du CIO sont le français et l’anglais. (…) En cas de divergence entre le texte français et le texte anglais de la Charte olympique et de tout autre document du CIO, le texte français fera foi sauf disposition expresse écrite contraire. " Pourtant la seule langue officielle de l’Union postale universelle est le français. Alors quoi, les Suisses allemands ?


Bien sûr nous pourrions nous énerver et décider que nous aussi nous allons laisser tomber l'allemand. Mais nous sommes une minorité dans ce pays. Quelle que soit la carrière professionnelle choisie, de bonnes bases d'allemand sont indispensables, de suisse allemand encore mieux... Ou alors, malgré nos 4 langues nationales, allons-nous finir par communiquer en anglais ? A suivre...

Pour en savoir davantage sur le sujet : http://www.hebdo.ch/les-blogs/la-r%C3%A9daction-en-ligne/quand-les-al%C3%A9maniques-prennent-position-pour-le-fr%C3%BChfranz%C3%B6sisch

mercredi 10 décembre 2014

Parlez-vous suisse ?

http://www.yapaslefeuaulac.ch/17-differences-entre-la-suisse-et-la-france/
Un si petit pays avec 4 langues nationales et l'anglais qui s'infiltre un peu partout, ça étonne. Surtout ceux et celles qui pensent qui chaque Helvète maîtrise toutes ces langues, alors qu'il n'en est rien. Non, les frontières linguistiques fluctuent, mais sont tout de même assez hermétiques.

64,9 % de la population est germanophone et parle l'un des nombreux dialectes suisses allemands
et 22,6 % francophone (à l'ouest du pays) ; l'italien, représente 8,3 % de la population (au sud des Alpes),
et le romanche, 0,5 % (essentiellement dans le canton des Grisons) compte moins de 40 000 locuteurs !
Il existe des Français qui pensent que nous sommes canadiens, ou belges, mais ceux qui sont proches de chez nous ne sont pas dupes, c'est davantage une question d'accent que de mots ou d'expressions. Le français de Suisse se caractérise par quelques mots tels que septante, huitante ou nonante, ainsi que localement par des mots et expressions issues de langues germaniques ou de patois. Ainsi un Suisse francophone n'aura aucune difficulté à comprendre un Français, et un Français pourra sourire des quelques mots employés uniquement en Suisse romande.


Je lis qu'officiellement c'est l'allemand qui la langue principale de la Suisse, pas le suisse-allemand. Je lis, et je rigole doucement. Les Helvètes qui ne s'expriment ni en français, ni en italien, ni en romanche, ne parlent pas allemand non plus. Ils communiquent en Schwyzerdütsch. Or, le Schwyzerdütsch n'est pas une langue écrite. C'est un idiome qui se parle. Le problème, c'est qu'il n'est pas uniforme et se divise en différents dialectes utilisés différemment selon les cantons ou les vallées. Ainsi, un Bernois n'a pas tout à fait le même jargon qu'un Argovien. Un Zurichois peut se moquer d'un Bâlois... Pour faciliter les choses, les Alémaniques sont censés connaître le Hochdeutsch, qu'ils ont appris à l'école - les Romands l'ayant appris aussi, en théorie, l'ennui est que ni les uns ni les autres n'aiment utiliser le "bon allemand". Coincé entre les montagnes, le Schwyzerdütsch est une variété d'allemand qui n'a pas évolué; il semble que les étudiants d'allemand moyenâgeux sont ravis de venir en Suisse entendre des tournures qu'ils ne pensaient plus trouver ailleurs que dans leurs livres. Pour des raisons que je ne comprends pas, le suisse-allemand a tendance à se consolider au sein des écoles et des médias; sur la radio DRS, quelque 63% des propos jugés d’information sont tenus en dialecte. Comme si on ne voulait pas pas que l'étranger, qui a trimé à apprendre les prépositions qui demandent le datif et qui s'efforce de ne pas oublier le verbe à la fin de la phrase, ne s'intègre pas ou difficilement. Pourtant, ce suisse-allemand peut s'apprendre puisqu’il existe des milliers, des dizaines de milliers d’étrangers, venus de tous les pays, de Chine, d’Argentine ou des Philippines, qui ont été obligés d’apprendre le suisse-allemand en peu de temps pour exercer leurs professions. Ils sont contraints de se débrouiller, tant bien que mal, parce qu’ils n’ont pas le choix.


En Suisse italienne (le canton du Tessin et quelques vallées méridionales des Grisons), on parle un dialecte tessinois, apparenté aux parlers lombards, et la langue écrite est l'italien. Le dialecte est la langue maternelle de la majorité de la population. L'italien est utilisé avec le tessinois dans l'administration, le monde des affaires et les services publics. Les programmes de radio et télévision de la RTSI sont en italien mais certains sont en dialecte. La moitié de la population de l'aire italophone est bilingue. Les principales hautes écoles sont situées dans d'autres régions linguistiques du pays et la plupart des italophones sont donc contraints de parler l'allemand ou le français. À l'inverse, le Tessin est une région touristique fréquentée par les Suisses alémaniques ou les Allemands. L'usage de l'allemand standard au Tessin augmente et a tendance à devenir courant.

Pour avoir un écho du fameux «accent suisse» ainsi que
des différents dialectes alémaniques et tessinois. Il faut se rendre ici
Parlé par 0,5 % de la population et moins de 40 000 locuteurs, le romanche (rumantsch en romanche) est une langue romane. Elle constitue la 4e langue nationale suisse. L'usage de cet idiome étant en lente régression, on craint pour son avenir. On notera qu'il existe cinq variétés locales traditionnelles du romanche : le sursilvan (13 879 locuteurs), le sutsilvan (571 locuteurs), le surmiran (2 085 locuteurs), le puter (2 343 locuteurs) et le vallader (5 138 locuteurs), cinq langues naturelles différentes, ayant chacune sa propre forme écrite standardisée. Tu parles d'une réserve d'Indiens dans les Grisons et le cauchemar chaque fois qu'il était question de traduire un ouvrage.


Le Rumantsch Grischun (romanche grison) est la forme unifiée et standardisée de la langue, créé et introduit par la Lia rumantscha en 1982. C'est aussi la forme de la langue enseignée et promue dans presque toutes les écoles primaires des Grisons depuis 2010. Heureusement que la Lia rumantscha  existe, je ne parierais pas sur la survie du sutsilvan...

Donc, nous avons 4 langues, mais nous ne parlons pas tous ces 4 langues. On ne sera pas étonné que les Grisons soient les plus multilingues, suivis des Tessinois. Après, c'est plus compliqué... Je reviendrai à cet épineux problème dans mon prochain billet.

Enfin, bon nombre de Suisses sont des citoyens du monde et s'expriment en anglais, souvent dans sa version globish.


Mani Matter, lui, c'est en bernois qu'il chante. On connaît mieux sa chanson Hemmige grâce à un autre Bernois...

jeudi 4 décembre 2014

Yann nous a regardés d'en-haut

Chaîne de la Bernina, entre le Piz Roseg et le Piz Scerscen,
canton des Grisons.
Au pays de Heidi, authenticité et grandeur atteignent des sommets.
Né en 1946, Yann Arthus-Bertrand s’est toujours passionné pour le monde animal et les espaces naturels. Il utilise l’appareil photo pour consigner ses observations en complément de l’écriture. A l’occasion de la première conférence de Rio en 1992, il décide de lancer un grand projet photographique sur l’état du monde et de ses habitants : La Terre Vue Du Ciel. Prolongeant son engagement pour la cause environnementale, le photographe crée la fondation GoodPlanet. Depuis 2005, cette organisation non gouvernementale s’investit dans l’éducation à l’environnement ainsi que la lutte contre le changement climatique. C’est cet engagement qui lui vaut le 22 avril 2009 d’être nommé "Ambassadeur de bonne volonté" du Programme des Nations Unies pour l’Environnement.
En 2009, il réalise un long-métrage, HOME, sur l’état de notre planète, qui a été vu par près de 600 millions de spectateurs.
En 2012, Yann a commencé les tournages pour son prochain long métrage qui s’intitulera Human. Le film est composé d’entretiens réalisés auprès de personnes de toutes conditions dans plus de 45 pays, et d’images aériennes du monde entier. Le travail de Yann témoigne de sa volonté d’éveiller une conscience collective et responsable dans l’optique de sensibilisation du plus grand nombre.

Paysage agricole au lieu-dit Le Planet, commune Le Châtelard, canton de Fribourg
Il a donné ses lettres de noblesse à la photo aérienne, en lui ajoutant une dimension esthétique et militante. Yann Arthus-Bertrand, mondialement connu pour ses images de la terre vue du ciel, ne se lasse pas de prendre de la hauteur pour scruter les quatre coins de la planète. Il s’est même penché sur la Suisse, à travers un film et des photos.

Baigneuse dans le Rhin, à proximité immédiate des chutes,
commune de Neuhausen, canton de Schaffhouse
Pourtant, à la base, notre pays ne figurait pas sur la feuille de route du Français. C’est Suisse Tourisme qui l’a contacté pour lui demander de réaliser un film promotionnel. " J’ai donné mon accord si Suisse Tourisme fournissait un hélicoptère, si j’avais carte blanche et si je pouvais utiliser les images pour mon film. J’ai été frappé par la diversité des paysages, et par le temps nécessaire pour parcourir montagnes et vallées. Les maisons sont posées un peu comme des Lego sur une herbe très verte. Par rapport à la France, il y a très peu de panneaux publicitaires. C’est un pays très protégé."

Port de plaisance sur le lac de Neuchâtel, commune de Chevroux, canton de Vaud.
Chevroux, avec ses 1’000 places d’amarrage, peut s’enorgueillir du titre
de plus grand port en eaux fermées d’Europe.
Yann Arthus-Bertrand a tout de même insisté pour aller voir certains endroits spécifiques. Notamment les chutes du Rhin. Une fois le site choisi, la réussite des prises de vue, que ce soit avec la caméra ou l’appareil photo, dépend de l’expérience et de la compréhension qui passe avec le pilote. De la chance, aussi. "Au sommet du Cervin, nous sommes tombés sur deux alpinistes qui se prenaient dans les bras, se souvient le réalisateur. Un moment magique." 


" J’adore ce petit film, il est très réussi. J’aurais envie d’en réaliser un pour tous les pays, afin de faire ressentir leur ambiance de manière artistique." Incontestablement, les images sont belles. Yann Arthus-Bertrand joue sur les atmosphères, les contrastes de lumière, le graphisme des formes offertes à son objectif. Et sur les effets d’éloignement ou de rapprochement, qui réduisent le plus souvent les êtres humains à de petits points dans le paysage. Le tout au ralenti " pour prendre le temps de regarder ", sans parole, et en musique.

Pont des Sauts dans la vallée de la Verzasca, commune de Lavertezzo, canton du Tessin.
Des vallées du Tessin, le val Verzasca est sans doute la plus sauvage.
A quelques kilomètres, les plus téméraires peuvent se jeter dans le vide
depuis le barrage de Contra, tout comme l’a fait James Bond dans «GoldenEye».
Certes, la vue aérienne montre le pays sous un angle inattendu. Mais ses habitants ne reconnaîtront probablement que partiellement le territoire dans lequel ils vivent. On y croise principalement des petits villages de montagnes, des chalets, des sommets enneigés, des vaches à l’alpage, des lacs, un funiculaire, des châteaux, des vignes… Une vraie Suisse de carte postale. Ces images ne risquent-elles pas de renforcer les clichés helvétiques ? " Mais la Suisse ressemble vraiment à ce qu’on imagine ! se récrie Yann Arthus-Bertrand. Sur place, j’avais l’impression de photographier les images d’une boîte de chocolats."

Vaches pâturant dans les Préalpes fribourgeoises,
non loin de la région du Lac Noir, canton de Fribourg
J'ai souvent trouvé les photographies de Yann Arthus-Bertrand à couper le souffle, parfois tellement léchées qu'on aurait dit des compositions. Si j'émets quelques doutes, c'est par rapport à sa démarche, des hélicos et des avions pour sensibiliser au réchauffement climatique, est-ce bien raisonnable ? Ou suis-je simplement envieuse ?

"La Suisse vue du ciel", exposition de Yann Arthus-Bertrand, du 3 décembre au 17 janvier à la galerie Krisal, 25 rue du Pont-Neuf à Carouge. Infos: tél. 022 301 21 88